Plusieurs rapports le confirment : les Français ne remplacent plus leur voiture aussi facilement qu’avant, et ils l'usent jusqu'au bout. Une voiture n'est aujourd'hui envoyée à la casse qu'après 20 ans de circulation en moyenne, un record. Conséquence directe sur un parc de plus en plus âgé : près d'un conducteur sur cinq est recalé au contrôle technique, avec des écarts qui vont presque du simple au triple selon le département où l'on habite. Winparts a croisé le dernier rapport officiel de l'UTAC avec celui du ministère de la transition écologique mais aussi avec ses propres données pour comprendre ce qui use vraiment les voitures françaises, où le risque est le plus fort, et les pièces à surveiller.
Le parc automobile français n'a jamais été aussi âgéEn 2025, l'âge moyen des véhicules présentés au contrôle technique a atteint un record de 13,3 ans, contre 13,0 ans en 2024 et seulement 11,8 ans en 2016, soit une hausse constante depuis dix ans. Un chiffre que confirment les données propres de Winparts : en croisant les marques et modèles enregistrés dans son vérificateur de plaques d'immatriculation avec leur période de production, l'entreprise obtient une estimation de 13 à 14 ans, cohérente avec les statistiques officielles ci-dessous.

Points clés de cette évolution :
- Hausse ininterrompue : Depuis 2016, l'âge moyen des véhicules ne cesse d'augmenter.
- Accélération récente : L'écart est particulièrement marqué sur les dernières années, avec un bond de 0,5 an entre 2022 et 2024, puis de 0,3 an en une seule année (entre 2024 et 2025).
- Record historique : Le seuil de 13,3 ans atteint en 2025 confirme un vieillissement structurel, avec une augmentation totale de 1,5 an en moins de 10 ans.
Autre signal fort : 60,85 % des véhicules contrôlés ont désormais plus de 10 ans, contre seulement 53,9 % en 2016. Un véhicule contrôlé sur cinq (17,8 %) a entre 4 et 7 ans, et seuls 4,45 % ont 4 ans ou moins.
Cette tendance s'explique en partie par la hausse du prix des voitures neuves, qui pousse les automobilistes à garder leur véhicule plus longtemps, et à mieux l'entretenir pour réussir le contrôle technique.
Bon à savoir : l'âge moyen augmente plus vite pour les véhicules diesel (13,6 ans en 2025, contre 13,1 en 2024) que pour les véhicules essence, qui restent stables à 13,0 ans.
1 contrôle technique sur 5 débouche sur une contre-visite obligatoire.
Sur les 23 127 004 contrôles techniques périodiques réalisés en 2025 :
- 80,70 % ont été validés dès le premier passage
- 18,58 % ont été refusés pour défaillance majeure
- 0,72 % ont été refusés pour défaillance critique (immobilisation immédiate)
Soit un taux global de contre-visite de 19,30 %, en légère baisse par rapport à 2024 (19,44 %), mais toujours proche d'un véhicule sur cinq.
Les véhicules utilitaires légers (N1) échouent nettement plus souvent que les véhicules particuliers :
| Catégorie | Taux de contre-visite |
| Véhicules particuliers (M1) | 18,92 % |
| Véhicules utilitaires légers (N1) | 22,39 % |
Sans surprise, l'âge du véhicule reste le premier facteur : les voitures de plus de 10 ans affichent un taux de non-conformité de 24,09 %, contre seulement 4,63 % pour les véhicules de 4 ans ou moins.
Le classement des pièces qui échouent le plus souvent au contrôleCe sont les données les plus utiles pour anticiper une contre-visite. Voici les principales causes de défaillance majeure, toutes catégories de véhicules confondues :

Et pour les défaillances critiques (entraînant une immobilisation immédiate) :

À retenir : sur les 8 principales causes de contre-visite majeure, la moitié concerne des pièces qu'un conducteur peut facilement vérifier ou remplacer en amont : pneus, ampoules, réglage des phares.
Le rapport UTAC détaille également les résultats par grand système du véhicule :

Le système « essieux, roues, pneus, suspension » représente à lui seul plus d'une non-conformité sur 10, notamment en raison de l'usure des pneus, des amortisseurs défectueux et des rotules de suspension usées.
Pour les véhicules âgés de 7 à 10 ans, ce chiffre grimpe à 32,31 % de non-conformité pour ce seul système.
Le taux de contre-visite varie presque du simple au triple selon le département.
Pour les véhicules particuliers (M1)
- Taux le plus bas : Val-d'Oise (9,78 %)
- Taux le plus élevé : Ille-et-Vilaine (27,65 %)
Pour les véhicules utilitaires légers (N1)
- Taux le plus bas : Val-d'Oise (9,87 %)
- Taux le plus élevé : Loire-Atlantique (33,17 %)
Cet écart s'explique probablement par plusieurs facteurs : l'âge moyen du parc local, l'exposition au sel de déneigement et à l'humidité (facteur de corrosion et d'usure de la suspension, particulièrement en Bretagne et dans les Pays de la Loire), une part plus importante de véhicules utilitaires fortement sollicités, et la densité des centres de contrôle dans la région.
Le rapport UTAC ne porte que sur les véhicules contrôlés dans l'année, une population structurellement plus âgée que le parc global, puisque les voitures de moins de 4 ans ne sont pas encore soumises au contrôle technique. Pour compléter cette vision, le SDES (service statistique du ministère de la Transition écologique) publie chaque année des données sur l'ensemble du parc en circulation, quel que soit son âge. Au 1er janvier 2026, ces données montrent que :
- Le parc automobile français compte 40,0 millions de voitures particulières, en hausse de 0,4 % sur un an
- L'âge moyen des véhicules en circulation s'établit à 11,8 ans
- Fait notable, l'âge moyen des véhicules envoyés à la casse atteint désormais 20,0 ans
- Le diesel est devenu minoritaire dans le parc en circulation, à 46,1 %
Ce chiffre de 20 ans avant la casse confirme une tendance de fond : les Français ne renouvellent plus leur voiture par anticipation, ils la gardent jusqu'à l'user complètement. Une stratégie qui rend l'entretien préventif, et la capacité à anticiper les points de contrôle évoqués plus haut, d'autant plus déterminants pour le budget des automobilistes.
Ce qu'il faut vérifier avant votre contrôle techniqueD'après les données UTAC 2025, voici les points à privilégier, surtout si votre voiture a plus de 7 ans :
- Pneus : profondeur de la bande de roulement, absence de coupures ou de toile visible
- Éclairage : réglage des phares, feux stop et feux de position fonctionnels
- Freins : usure des plaquettes et garnitures, efficacité du frein à main
- Suspension : état des amortisseurs, rotules et silentblocs
- Fuites : contrôle visuel sous le véhicule (tout liquide autre que de l'eau)
- Émissions : voyant OBD, fumées d'échappement visibles
Ce que ces chiffres montrent, c'est un changement d'époque : la voiture n'est plus un bien qu'on remplace, c'est un bien qu'on répare, aussi longtemps que possible. Le parc vieillit, l'entretien pèse de plus en plus dans le budget des automobilistes, et le risque n'est pas le même selon le département où l'on vit. Dans ce contexte, anticiper l'usure n'est plus un détail : c'est devenu la meilleure économie qu'un automobiliste puisse faire.
Sources
- Données internes Winparts
- UTAC/OTC, Contrôle technique périodique des véhicules légers, Rapport d'activité annuel 2025, publié en janvier 2026.
- Basé sur 23 127 004 contrôles techniques périodiques réalisés en France en 2025.
- SDES (service statistique du ministère de la Transition écologique), Parc automobile et circulation, données au 1er janvier 2026.